Près de 9 recherches effectuées sur Internet sont réalisées à partir de Google. La situation de quasi-monopole du géant du Web peut poser question à deux niveaux : d’une part, on peut s’inquiéter de la neutralité des résultats obtenus ; d’autre part, la collecte et l’utilisation de données personnelles pour améliorer les résultats de recherches menacent la protection de la vie privée des internautes. Il existe de nombreuses autres solutions pour effectuer une requête sur le Web. Si aucune n’est actuellement en mesure de créer de l’ombre à Google, certaines constituent cependant une alternative intéressante. Le principal adversaire de Google est Bing, le moteur de Microsoft. Détenu par l’un des géants du Web, il offre un contenu pertinent et dispose de ses propres robots d’indexation. Très proche de son concurrent, il utilise les mêmes procédés que Google, à savoir le tracking de ses utilisateurs et la conservation de données personnelles. Son principal intérêt pour les annonceurs réside dans la possibilité de placer ses mots clés sur un marché ayant une concurrence moins forte. Chaque recherche sur Internet génère des revenus publicitaires.

Leur montant s’élève à 30 € par an et par internaute. Certains moteurs proposent de reverser une partie de ces gains à des projets environnementaux ou sociaux. Ecosia, par exemple, donne 80 % de ses revenus à une association qui plante des arbres au Brésil. DuckDuckGo connaît un succès croissant depuis les déclarations du lanceur d’alertes Edward Snowden en 2013. Ce moteur de recherche américain préserve l’anonymat de ses utilisateurs. Il ne les piste pas et son slogan, « Dont Bubble Us » (ne nous enferme pas dans une bulle), montre sa volonté de divulguer une information neutre, non influencée par des données précédemment collectées. Dans le même esprit, Qwant, le « Google français » créé en 2013, indexe les données issues des réseaux sociaux et enrichit les connaissances de ses propres robots avec des résultats Bing, tout en ne pistant pas ses utilisateurs. Ces solutions, parmi de nombreuses autres comme Startpage d’Ixquick ou Framabee, le métamoteur de Framasoft, l’association qui souhaite « dégoogliser le Web », utilisent au moins en partie, la puissance des algorithmes des 3 leaders, Google, Yahoo et Bing.

Elles fonctionnent un peu à la manière d’un proxy, offrant un écran protecteur pour l’utilisateur. Mais elles ne résolvent pas pour autant la question du monopole de ces géants sur l’information. Une solution plus radicale a été mise en place en 2003 par YaCy : l’entreprise, dont le nom signifie Yet Another Cyberspace, propose à chacun de ses usagers d’héberger son propre moteur de recherche sur son ordinateur et d’y indexer les pages qui l’intéressent. Grâce à un logiciel en licence libre GNU GPL, les sites collectés sur chacun des postes sont partagés sur le Web au moyen de la technologie peer-to-peer. Pour permettre d’obtenir des résultats probants, cette proposition nécessiterait une participation massive, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Beaucoup reprochent à ces solutions alternatives leurs contenus, jugés moins pertinents que ceux de Google. Mais la pertinence de ses résultats a pour origine précisément ce que l’on reproche à Google : il collecte des données personnelles pour proposer un contenu ciblé. L’ère des moteurs de recherches va peut-être bientôt s’achever pour laisser la place aux assistants personnels vocaux. Google Home vient d’être lancé en France, et la recherche de l’information passera désormais également par l’injonction « Ok Google ».