Un communiqué récent d’Adobe sur son blog annonce la fin de la technologie Flash. D’ici fin 2020, Flash Player ne sera plus mis à jour ni distribué par la firme. Après plus de 20 ans d’existence, cette méthode qui a servi à ajouter des animations et des contenus interactifs à de nombreuses pages Web va définitivement disparaître. Comment expliquer son succès, puis son abandon et par quoi la technologie Flash est-elle désormais remplacée ? L’existence de Flash remonte à 1996, lors des débuts du Web. Macromedia acquiert, lors du rachat d’une compagnie, un logiciel d’animation vectoriel qu’il rebaptise Flash.Macromedia : il est à son tour racheté en 2005 par Adobe, qui diffuse FlashPlayer, son application fonctionnant sur la plupart des navigateurs Web.

Sous la forme d’un plug-in, Flash Player s’intègre à une page Web, lui ajoutant une machine virtuelle capable de lire des contenus multimédias. Utilisée par de nombreux éditeurs de jeux vidéo, cette technologie a commencé à perdre de son attrait à l’époque de l’apparition des smartphones. En 2010, Steve Jobs annonce qu’il ne sera plus supporté par les produits Apple. Il dénonce notamment les problèmes de sécurité apportés par ce plug-in auquel l’utilisateur doit permettre d’accéder à sa webcam et son microphone. Entre 2011 et 2016, l’utilisation de Flash Player est passée de 50 % à 10 %. Son format propriétaire et son incapacité à se conformer aux normes du W3C ont toujours freiné son développement.

Si Adobe rappelle l’apport de son outil dans l’évolution des contenus multimédias sur le Web, la firme encourage elle-même depuis 2015 l’abandon du projet. Dans sa suite dédiée à l’édition de produits multimédia, l’éditeur Flash est désormais remplacé par Animate CC, plus polyvalent. Ce changement d’identité a fait passer le logiciel d’un outil de création d’animations Flash à une application qui permet également de créer des animations HTML 5. Adobe souhaite désormais privilégier les technologies ouvertes telles que HTML5 ou WebGL. Il rejoint également Mozilla Foundation, Google, Microsoft et Apple, pour développer conjointement le projet WebAssembly, la mise en place d’un langage conforme aux normes du W3C. Jusqu’à fin 2020, l’éditeur de logiciels continuera cependant à fournir des mises à jour de sécurité pour son extension.